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Et vous ? Quel "driver" vous guide ?

  • Photo du rédacteur: Jean Noël Bruère
    Jean Noël Bruère
  • il y a 2 jours
  • 8 min de lecture

Imaginez un instant votre esprit comme le cockpit d’un avion.


Vous êtes aux commandes, mais parfois, une voix intérieure, un automatisme, prend le dessus et tire sur le manche pour diriger bizarrement votre appareil dans une direction non voulue.


En analyse transactionnelle, ce copilote automatique, c’est le "driver".


Ce concept fascinant fait la lumière sur nos comportements sous la pression du stress.


Mais comment identifier ce driver favori ?


Quels tours nous joue-t-il ?


Et surtout, comment reprendre les commandes en douceur ?


Explorons ensemble ici ce mécanisme au cœur de nos moteurs cachés, en nous inspirant des chemins de progression proposés par coach-reunion.com.


Qu'est-ce qu'un driver exactement ?


Théorisés par Taibi Kahler, les drivers sont des messages contraignants.


Ce sont des injonctions, des microprogrammes, que nous intégrons durant l'enfance pour recevoir de l'attention et de la reconnaissance.


Ils deviennent nos stratégies de survie relationnelle, nos modes par défaut pour nous sentir "bien" ou "valables" dans des situations de stress.


Le problème ?


Ils fonctionnent comme des automatismes, nous poussant à réagir de manière répétitive, souvent inappropriée et parfois contre notre intérêt.


L'analyse transactionnelle et la ProcessCom en distinguent cinq principaux.


Chacun possède son propre scénario et ses mots-clés :


1.   Sois parfait : "Il faut que ce soit irréprochable."


2.   Fais plaisir : "Il faut que tout le monde soit content."


3.   Sois fort : "Ne montre aucune faiblesse."


4.   Dépêche-toi : "Il faut faire vite, toujours plus vite."


5.   Fais des efforts : "Il faut que ce soit difficile pour être valable."


Comme nous l'évoquons dans mes accompagnements pour mieux communiquer, repérer ces schémas est la première clé s’épanouir et gagner en liberté.


Comment repérer votre driver favori ?


Votre driver préféré est celui qui surgit dans les moments de stress, de fatigue ou de pression.


Pour le débusquer, prenez du recul et observez a posteriori vos réactions.

Des exemples concrets.


Scène 1 : La préparation d'une réunion importante.


Marie, manager, passe des heures à peaufiner chaque diapositive, vérifiant trois fois les chiffres.


Elle dit souvent : "Ce n'est pas encore assez clair."


Son driver ? Sois parfait.


Son collègue, Julien, arrive en retard, feuillette ses notes et lance : "On va improviser, on verra bien !" le driver de Julien est :  Dépêche-toi.


Scène 2 : Un conflit naît entre deux collaborateurs.


Sophie, responsable d'équipe, se précipite pour arrondir les angles.


Elle organise une réunion pour apaiser tout le monde et reporte pour cela une tâche importante, vitale même.


Elle cherche avant tout à Faire plaisir.


Son adjoint, Marc, observe la scène sans mot dire.


Interrogé, il répond : "Tout va bien, je gère."


Il reste de marbre.


Son driver ? Sois fort.


Scène 3 : Lancement d'un nouveau projet.


Karine expose une idée simple et efficace.


Mais son chef, Antoine, objecte : "C'est trop simple, ça n'a pas de valeur. Il faut quelque chose de plus complexe, un vrai challenge."


Son driver ? Fais des efforts.


Ces réactions automatiques, une fois repérées,  sont des indices précieux.


Et laquelle de ces scènes résonne le plus en vous ?


Identifier votre driver, c'est comme comprendre pourquoi vous appuyez toujours sur le même bouton dans votre cockpit.


Les tours que vos drivers peuvent vous jouer, si vous n'y prenez pas garde


Si ces drivers nous aidaient quand nous étions enfants, adultes, ils nous piègent.


Ils déforment notre perception de la réalité et épuisent notre énergie.


Voici les principaux écueils de chacun d’eux, et comment ils peuvent bloquer votre évolution professionnelle ou personnelle.


Le piège de "Sois parfait"


Ce qu'il vous fait croire :

"Si ce n'est pas parfait, ça ne vaut rien. Je ne vaux rien."


Son tour :


Il provoque souvent chez vous une procrastination paralysante.


Vous n'osez pas livrer un travail "assez bon", par peur du jugement.


Vous perdez un temps fou dans les détails, au détriment de l'essentiel.


Vous pouvez rater des opportunités car votre projet n'est jamais "prêt".


·       Exemple : Un entrepreneur repousse sans cesse le lancement de son site web, obsédé par le choix de la bonne police, perdant ainsi une foule de clients potentiels.


Le piège de "Fais plaisir"


Ce qu'il vous fait croire :

"Mon bien-être dépend essentiellement de l'approbation des autres. Dire non est dangereux."


Son tour :


Vous dites "oui" à tout, vous vous surchargez, et finissez par nourrir de la rancune.


Vous négligez vos propres besoins et priorités.


Vous devenez un expert dans l'art de deviner les attentes des autres, mais vous ignorez les vôtres.


Exemple : Une chef de projet accepte toutes les demandes de dernière minute de ses clients et de sa direction.


Son équipe est surmenée, et la qualité globale du projet s'en ressent.


Elle se sent épuisée et non reconnue.


Le piège de "Sois fort"


Ce qu'il vous fait croire :

"Montrer une émotion, c'est être vulnérable, donc faible. Je dois tout gérer seul."


Son tour :

Il vous isole.


Vous ne demandez jamais d'aide, même quand vous en auriez besoin.


Vous refoulez vos émotions, ce qui peut mener à l'épuisement ou à des explosions inattendues (voir aussi le concept des « timbres » en analyse transactionnelle).


Vous paraissez distant et inaccessible.


Exemple : Un directeur général traverse une crise majeure sans en parler à son équipe.


Il garde tout pour lui jusqu'au jour où, à bout, il s'effondre ou prend une décision brutale que personne ne comprend.


Le piège de "Dépêche-toi"


Le qu'il vous fait croire :

"Je n'ai jamais le temps. Si je ne vais pas vite, je vais manquer quelque chose."


Son tour :


Vous générez autour de vous du stress et des erreurs.


Vous survolez les sujets, manquez de recul et faites des choix précipités.


Vous passez à côté de l'essentiel car vous êtes systématiquement déjà en train de penser à la tâche suivante.


Exemple : Un commercial envoie des devis sans les relire, commet des erreurs de prix, et doit gérer les réclamations ensuite.


Il court tout le temps mais son chiffre d'affaires stagne.


Le piège de "Fais des efforts"


Ce qu'il vous fait croire :

"Si c'est facile, ce n'est pas sérieux. La valeur est dans la difficulté."


Son tour :


Vous compliquez tout.


Vous choisissez systématiquement les chemins les plus ardus, transformant une tâche simple en la montagne de Sisyphe.


Vous vous épuisez dans des difficultés que vous créez, confondant effort et efficacité.


·       Exemple : Pour mettre en place un nouveau logiciel simple, un responsable passe des semaines à concevoir un système de contournement complexe, "parce que ça marchera mieux comme ça". Il perd un temps et une énergie considérables.


Comment desserrer l'étreinte de votre driver ?


Bonne nouvelle : Suivre un driver n'est pas une fatalité.


C'est une habitude, et comme toutes les autres habitudes, on peut l'assouplir.


L'objectif n'est pas de l'éradiquer, il sera toujours là, mais de gagner en flexibilité.


Il s'agit de passer du pilotage automatique à la conduite consciente.


Voici des pistes pour sortir d'une dépendance excessive à un driver.


1. Accueillir sans jugement


La première étape consiste à observer avec lucidité.


Quand votre driver s'active, notez-le avec bienveillance. "Tiens, voilà mon 'Sois parfait' qui s'emballe sur cette présentation."


Cet accueil calme déjà son emprise.


2. Se donner la permission inverse


Chaque driver a une "permission" qui le contrebalance, une sorte d’antidote.

C'est comme un contre-ordre donné à votre esprit.


Pour "Sois parfait" :


Donnez-vous la permission d'être suffisant. « Sois comme tu es »

"C'est assez bien. Je peux livrer ce travail en l'état."


Un brouillon imparfait est toujours mieux qu'un chef-d'œuvre inexistant.


Pour "Fais plaisir" :


Donnez-vous la permission de compter pour vous-même.


"J'ai le droit de dire non. Mes besoins sont aussi importants."


Commencez par de petits "non" sans vous justifier longuement.


Pour "Sois fort" :


Donnez-vous la permission d'être ouvert et de demander.


"Je peux exprimer un besoin, une émotion. Je peux déléguer. J’accepte mes faiblesses"


Apprenez à partager vos petites difficultés avec des personnes de confiance.


Pour "Dépêche-toi" :


Donnez-vous la permission de prendre votre temps. "Je m'autorise à ralentir. Je peux faire une chose à la fois."


Respirez profondément avant de commencer une tâche.


Pour "Fais des efforts" :


Donnez-vous la permission de faire simple. "J'ai le droit de réussir facilement. Je peux suivre la voie la plus directe."


Pour une tâche donnée, demandez-vous : "Quelle est la manière la plus simple d'y parvenir ?"


3. Utiliser des techniques concrètes


Pour renforcer ces permissions, des outils pratiques existent.


Dans le cadre d'un coaching individuel, nous pourrions explorer ensemble:


·       Le mémo interne :


Créez une phrase courte qui contre votre driver. Exemple pour "Fais plaisir" : "Je suis responsable de moi, les autres sont responsables d'eux."


Répétez-la à l’envi.


·       L'ancrage :


Inspirez-vous des techniques de la PNL, associez un geste simple (serrer le poing, toucher son poignet d’une certaine façon) à un état de calme et de flexibilité.


Activez cet ancrage en répétant ce geste quand vous sentez le stress monter.


·       La planification consciente :


Si un "Dépêche-toi" vous domine, bloquez avec courage et détermination dans votre agenda des plages "tampon" entre deux rendez-vous et une demi-journée par semaine sans réunion pour traiter les dossiers en profondeur.


Reprendre les commandes


Votre driver n'est pas une identité, c'est une stratégie apprise.


Il a pu vous servir, mais aujourd'hui, il vous limite sans doute.


En apprenant à le reconnaître, à sourire de ses tours, et à lui offrir des permissions apaisantes, vous reprenez le contrôle de votre aéronef.


Vous passez d'un pilotage rigide et automatique à une navigation plus souple, plus créative et plus alignée avec vos vrais désirs.


Et vous, quel est le driver qui se cache derrière vos réactions ?


Prenez un moment pour l'observer aujourd'hui.


C'est le premier pas vers un pilotage en toute conscience.


Foire aux questions (FAQ)


Un driver est-il forcément négatif ?


Non, il représente même parfois une force quand il est sous contrôle.


Le souci du détail ("Sois parfait") est utile par exemple à un comptable, mais paralyse un créatif.


Le vrai piège, c'est l'excès et l'automatisme.


Peut-on changer de driver ?


Notre driver principal est souvent assez stable, mais nous pouvons tous activer plusieurs drivers selon les contextes.


Le but est de réduire l'emprise du driver favori et d'augmenter notre flexibilité à utiliser les forces des autres quand c'est pertinent.


Comment aider un collaborateur dominé par son driver ?


L'idée n'est pas de le "corriger", mais de l'aider à prendre conscience de ce qui l’anime.


Posez lui des questions ouvertes.


Par exemple, à un "Sois parfait" : "Qu'est-ce qui serait 'assez bien' pour cette première version ?"


Proposez un cadre rassurant qui lui donne la permission de lâcher prise.


Le coaching peut-il m'aider avec mes drivers ?


Absolument.


Un coach professionnel pour managers ou pour particuliers vous offre un espace neutre et sécurisé pour observer et décortiquer vos schémas.


Le coaching vous aide à identifier vos drivers, à comprendre leur origine et, surtout, à expérimenter de nouveaux comportements plus libres et mieux adaptés à vos objectifs.


Et si je voulais aller plus loin ?


Si cet article résonne en vous, peut-être est-ce le moment d'explorer ces questions plus en profondeur.


Que ce soit pour renforcer votre affirmation de vous-même, votre efficacité  ou pour toute autre aspiration, un accompagnement sur mesure peut vous aider à transformer ces prises de conscience en changements concrets et durables.



N'hésitez pas à partager en commentaire quel driver vous semble vous jouer le plus de tours !

 

 

Auteur : Jean Noël BRUERE

COACH REUNION CONSULTING 2026

 
 
 

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