Amis coachs : mais que vendez-vous vraiment?
- Jean Noël Bruère
- il y a 18 heures
- 8 min de lecture

Vous pensez savoir ce qu’un coach professionnel vend.
Du conseil ?
De l’écoute ?
Une méthode miracle ?
Détrompez-vous, la réalité est bien plus floue, même si vous êtes les principaux intéressés.
Je reçois régulièrement des confrères en supervision dans mon bureau à Saint-Denis de La Réunion, et quand je leur pose la question simplement, beaucoup bafouillent.
Un silence gêné arrive à s’installer.
Puis viennent les généralités : « j’accompagne les gens », « je les aide à avancer ».
Franchement, c’est un peu mince.
Cet article visite le cœur de notre métier.
Ce que vend un coach, ce qui distingue deux professionnels, et les pièges à éviter côté client comme côté coach.
Je m’appuie sur mes bientôt vingt ans d’exercice à La Réunion, des lectures croisées, et quelques désaccords assumés.
Un constat qui dérange
Une grande partie des coachs exercent en libéral.
Ils vendent leurs services à des managers, des cadres, des particuliers qui décident un jour de les acheter.
Mais si vous demandez à brûle-pourpoint à un coach ce qu’il met en tête de gondole, vous obtiendrez rarement une réponse claire.
Et c’est un tort.
Quand on vend quelque chose, il est préférable d’avoir une idée assez précise de son offre.
Or le coaching couvre un champ tellement vaste que cette clarification devient vite un casse-tête.
Le site Ifod le rappelle dans son article « Vendre du coaching » : sans positionnement net, le coach se retrouve à proposer un truc flou, donc invendable.
Je me souviens d’un déjeuner avec une coach fraîchement certifiée.
Elle me dit : « je fais du coaching de vie, du coaching professionnel, un peu de PNL, de la sophrologie ».
J’ai reposé ma fourchette. « Donc tu fais tout, donc tu ne vends rien ».
Son regard s’est figé.
Elle a mis six mois avant d’accepter de choisir un axe.
Point de vue du coach : l’embarras du choix
Le coach pro voit son métier de l’intérieur.
Outils, approches, certifications, supervision.
Il confond souvent sa richesse interne avec la clarté de son offre externe.
Le client, lui, s’en moque. Il veut un résultat.
Je l’ai vécu lors d’une mission chez un industriel à Saint-Pierre.
Le DRH me demande : « vous utilisez quelle méthode ? »
Je réponds : « l’écoute active, l’analyse systémique, des outils de clarification… ».
Il m’a coupé : « très bien, mais concrètement, vous apportez quoi ? ».
J’ai dû reformuler en trente secondes.
Depuis, je parle volontiers de « réduction des tensions dans les comités de direction » ou « d’aide à la décision pour un cadre en poste depuis moins d’un an ».
Voilà ce qui fait vendre.
L’article de Topline Consultants sur « Vendre le coaching : les 5 erreurs des coachs professionnels » enfonce le clou : parler de sa méthode avant de parler du problème du client est une faute qui se paie comptant.
Je suis d’accord, mais je nuance. Certains clients veulent justement comprendre la façon de faire.
Surtout les profils analytiques.
Le tout est de savoir s’adapter.
Point de vue du client : un brouillard épais
Côté client, c’est encore pire.
Le marché est saturé de coachs aux promesses identiques. « Libérez votre potentiel ». « Osez réussir ». « Alignez vos énergies ».
Franchement, ces slogans pullulent.
Un manager à Saint-Leu m’a confié un jour : « j’ai tapé “coach professionnel pour managers à La Réunion” sur Google. J’ai obtenu trente résultats.
Tous se ressemblaient. »
Il a fini par en contacter trois.
Deux n’ont jamais répondu sous 48 heures.
Le troisième a envoyé un devis sans poser une seule question.
Résultat : il a abandonné, dommage…
Et malheureusement ce n’est pas un cas isolé.
L’article du Figaro daté d’octobre 2025 sur le choix d’un bon coach insiste sur la vérification de la formation, de la certification et de la supervision.
Le CNDC, dans « La prospection du coach professionnel », ajoute que le premier contact gagne beaucoup à être simple et orienté vers le besoin.
Je partage ce point de vue.
Mais attention : un beau diplôme ne garantit absolument pas l’efficacité.
J’ai croisé des certifiés incapables de mener une séance, et des autodidactes redoutablement efficaces.
La nuance compte.
Ce que je vends, concrètement
Depuis bientôt vingt ans, j’ai clarifié mon offre.
Je vends de la clarté décisionnelle pour managers, dirigeants et équipes.
Rien de magique.
Un processus, des séances, des supports, un suivi.
Le livrable est souvent un plan d’action, une décision enfin prise, une relation professionnelle décoinçée.
Un exemple récent.
Un dirigeant de PME à Saint-André, épuisé, dont la voix tremblait en réunion.
Son comité de direction se déchirait.
L’activité s’est figée trois semaines.
Nous avons travaillé ensemble sur quatre mois.
Pas sur « son potentiel ».
Sur des faits, des décisions à prendre, des conversations à mener.
Il a fini par trancher un conflit ancien et par réorganiser son équipe.
Le chiffre d’affaires est reparti à la hausse.
Voilà ce que j'ai appris à faire pour vendre du coaching.
Autre anecdote, plus récente.
Un cadre commercial m’appelle un lundi matin. Il veut « un coaching pour mieux vendre ».
Premier échange : il ne vend pas de coaching, il manage une équipe de vente.
Le problème n’est pas sa technique, mais sa légitimité face à ses anciens collègues.
Nous avons orienté le travail sur sa posture.
Trois séances ont suffi.
Si j’avais foncé sur « techniques de vente », il aurait perdu son temps et son argent.
Les différences entre coachs : approches, outils, livrables ?
La vraie différence se joue sur trois axes : l’approche, les outils, le livrable.
Mais ces mots recouvrent bien sûr des réalités très variables.
L’approche peut être directive, interrogative, systémique, narrative.
Les outils : PNL, analyse transactionnelle, psychologie positive, coaching somatique, etc.
Le livrable : compte rendu, plan d’action, bilan de compétences, accompagnement long.
En tant que client, exigez de savoir à quoi ressemble une séance type, avec quoi vous repartez, et comment le coach évalue les progrès.
Sur ce point, l’article de CoachHub sur le coaching professionnel est utile.
Il rappelle que le coaching professionnel s’adresse d’abord aux entreprises.
Mais je reste prudent : cet article généralise un peu trop à mon goût.
Le coaching individuel pour particuliers conserve en effet une place énorme à La Réunion, où le tissu économique est fait de TPE et d’indépendants.
Mes (petits) désaccords avec certaines sources
J’ai lu avec intérêt l’article de LinkedIn Pulse sur les erreurs à éviter pour vendre du coaching.
Il affirme que le coach doit avoir un discours rodé, presque commercial.
Personnellement, je trouve ce conseil dangereux.
Un discours trop lisse sent la publicité apprise par coeur.
Les clients achètent une relation, pas un script.
La spontanéité contrôlée vaut mieux qu’une formule rabachée.
Autre désaccord, avec la Haute École Coaching.
Son article sur le choix de votre niche de coach professionnel insiste sur le choix d’une niche précise, sans possibilité d’en sortir.
C’est peut-être, utile au coach débutant, certes.
Mais sur vingt ans, le marché évolue.
Si vous restez figé, vous disparaissez.
Je me suis d’abord positionné sur le coaching de dirigeants.
Puis les demandes ont glissé vers les managers de proximité.
Puis vers les équipes.
Si j’avais refusé ces glissements, j’aurais mis la clé sous la porte depuis belle lurette.
FAQ : les questions qu’on me pose souvent
Avant de conclure cet article, je réponds aux interrogations fréquentes.
Comment choisir un coach professionnel à La Réunion ?
Vérifiez sa formation, sa supervision, son expérience terrain.
Posez-lui trois questions : quel problème précis savez-vous traiter ? Comment se déroule une séance ?
Quel résultat puis-je espérer après trois mois ?
Les réponses floues éliminent vite les mauvais profils.
Quel est le tarif moyen d’un coaching à La Réunion ?
Entre 80 et 200 euros la séance pour un particulier.
De 500 à 1500 euros par mois pour un accompagnement entreprise.
Méfiez-vous des tarifs trop bas.
Un coaching bradé est souvent un coaching bâclé par un coach incompétent.
Le coaching est-il remboursé ?
Rarement.
Certaines entreprises financent via leur budget formation.
Les particuliers peuvent parfois utiliser le CPF, mais les conditions se sont durcies.
Vérifiez avant de signer
.
Combien de temps dure un coaching ?
Tout dépend du besoin. Une problématique ciblée peut se traiter en 4 à 6 séances.
Un travail sur la posture managériale demande souvent 6 à 12 mois.
Méfiez des coachs qui imposent systématiquement des programmes de dix séances sans diagnostic préalable.
Les pièges pour les coachs
Premier piège : vouloir plaire à tout le monde.
J’ai moi-même failli tomber dedans.
En 2008, je répondais à petit prix à toutes les demandes : deuil, reconversion, couple, conflit.
Résultat : un épuisement et des accompagnements médiocres.
J’ai dû choisir.
Deuxième piège : se cacher derrière sa certification.
Un papier ne fait pas un coach.
La supervision, elle, est indispensable.
Je suis suivi par un superviseur depuis 2008.
Sans ça, je serais devenu un conseiller payant, pas un coach.
Troisième piège : négliger sa prospection.
L’article du CNDC le souligne avec justesse.
Beaucoup de coachs attendent que les clients viennent. Ils ne viennent pas.
Il faut bel et bien aller les chercher, mais sans harceler.
Une présence régulière, des articles, des conférences gratuites.
C’est long et franchement, ça n’est pas facile tous les jours.
Les pièges pour les clients
Premier piège : confondre coaching et thérapie.
Le coach ne traite pas les troubles psychologiques.
Si votre mal-être est profond, consultez un psychologue. Un coach sérieux saura vous orienter.
Deuxième piège : croire au miracle.
Le coaching demande du travail.
Si un coach vous promet une transformation en une séance, fuyez ventre à terre.
J’ai vu des clients déçus parce qu’ils n’avaient pas assez évolué.
Le coach aide, mais ne fait pas à votre place.
Troisième piège : ne pas vérifier les références.
Demandez des témoignages, des exemples de missions, des durées d’accompagnement.
Un coach qui refuse est suspect.
Le Figaro le confirme : formation, certification, supervision sont des prérequis, pas des options.
Ce que j’ai appris en presque vingt ans de pratique
Le coaching est un métier d’humilité.
On ne vend pas des solutions toutes faites.
On vend un espace de réflexion, des méthodes éprouvées, une présence exigeante.
Le client achète d’abord la relation.
Puis il constate les résultats.
Les mots comptent. Dire « je vous aide à clarifier vos décisions » vaut mieux que « je libère votre potentiel ».
Le concret rassure.
L’abstraction fait déguerpir.
Et ce n’est pas tout. Un bon coach doit accepter de ne pas convenir à tout le monde.
J’ai déjà refusé des missions.
Un client voulait un coach « pour faire passer la pilule d’un plan social ».
J’ai décliné.
Ce n’était pas du coaching, c’était de la manipulation.
Conclusion ouverte
Vous êtes coach ou futur client ?
Posez-vous une seule question : qu’est-ce qui doit changer, précisément, après trois mois ?
Si la réponse est vague, continuez à creuser.
Si elle est nette, vous avez trouvé.
Et vous, que vendez-vous, ou qu’achetez-vous, quand il s’agit de coaching ?
Sources et lectures complémentaires :
Pour approfondir, je vous invite à consulter les articles suivants. Chacun apporte un éclairage différent sur ce métier exigeant.
L’article de l’Ifod sur la vente du coaching pose les bases du positionnement. Celui de Topline Consultants sur les cinq erreurs des coachs professionnels décortique les pièges classiques. L’analyse de LinkedIn Pulse sur les erreurs à éviter pour vendre du coaching propose un regard critique. Le guide du CNDC sur la prospection du coach professionnel aide à passer à l’action. Les ressources de CoachHub sur le coaching professionnel et comment choisir un bon coach professionnel offrent une vision d’ensemble. L’enquête du Figaro sur la sélection d’un professionnel fiable rappelle les fondamentaux. Enfin, l’article de Haute École Coaching sur le choix de votre niche pourra inspirer les coachs en questionnement.
Auteur : Jean Noël BRUERE
COACH REUNION CONSULTING 2026




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